Exposition "Ce qui nous relie, de Tahiti à Noirmoutier "

La petite Galerie, Françoise Besson. Lyon. Mars/Avril 2021

Document presse

Et le ciel me tombait sur les yeux. 2020-2021

Série de 7 photographies en Noir et Blanc,Fil tricoté Polyester / velours
Fil de couture

Format encadré 22 x 32 cm

Depuis 2015, je travaille à partir d’un matériau particulier : un ensemble de photographies représentant ma famille.
Les albums que j’utilise comme support de création m’ont été confiés par ma mère.
Je ne suis pas à l’origine des images, je n’ai pas appuyé sur le déclencheur, je ne les ai pas décidées, pas produites.

L’objet de mon travail est une manipulation, une ré-appropriation du domaine du ressenti, de l’intangible que constituent les souvenirs, mais il peut également être inspiré par une observation d’ordre purement graphique. Ce qui pourrait ressembler au premier abord à un autoportrait est transfiguré par la classification.

Elle se traduit par une mise en séries sociologique ou typologique, avec dés le départ une seule régle : celle de ne pas utiliser le tirage original.
Cette prise de position me laisse la liberté de m’adjuger des images, d’y trouver ma propre interprétation. Elles peuvent ainsi être travaillées librement dans leur forme et faire l’objet de plusieurs séquences.

Ici, il s’agit d’une série d’images en noir et blanc relatant une journée à la plage.

« Enfant, allongée sur le sol, je contemplais le ciel pendant des heures
j’admirais cet écran changeant, fait de nuances infinies, les nuages le traversant , s’étirant, décrivant des formes que je jouais à interpréter.
C’était de loin mon passe temps favori, à la fois écran de cinéma, tableau en mouvement éduquant mon oeil à l’infinie palette de nuances.
Puis quelqu’un m’a enseigné l’infinitude du ciel et cette notion a déclenché chez moi le vertige du vide. je ne l’ai plus regardé de la même façon
Depuis, la nuit, je ne peux jamais rester longtemps à regarder les étoiles de peur de tomber. »

Et le ciel me tombait sur les yeux, série de 7 images est née de cette sensation.

Le fil tricoté, le velours, c’est la matérialisation du ciel, de l’infini, du vide par une matière dense.

Un fil brillant pour le scintillement des ciels d’été.
Ce ciel épais nous rassure, il nous retient, il fait écran.
Parce que le ciel représenté, aussi bleu et brillant soit-il, est anormalement bas, il fait pression, nous rappelant notre petitesse face à l’univers. Il est aussi le ciel pollué qui nous asphyxie.

La broderie sur l’ombre des personnages, c’est la représentation du soleil que l’on ne voit pas. Elle illustre notre ancrage au sol.
Les personnages de cette série vivent entre les deux, ils évoluent entre terre et ciel et s’efforcent de se maintenir en équilibre.